Le deuil périnatal


Quel que soit le nombre de semaines, de grammes, de centimètre, nous nous sommes projetés dans cette nouvelle aventure et l'arrêt de la grossesse nécessite de faire un vrai travail de deuil.

Les liens affectifs que nous nouons avec notre bébé peuvent être actifs dès la conception. Il augmente plus la grossesse avance, mais il ne faut pas minimiser les interruptions précoces. Le sens de cette perte est unique à chacun.
Même pour les IVG où la grossesse semble non-désirée, il y a le plus souvent ambivalence des émotions ressenties : soulagement, culpabilité et tristesse peuvent coexister sous forme d'un conflit intérieur.

La société mal à l'aise, normative,
Le vide juridique, l'absence de reconnaissance officielle,
Le corps médical, parfois mal formé à l'accompagnement, utilisant du coup un vocabulaire déshumanisant et ultra violent ( j'ai entendu "résidu à enlever")
Nos proches démunis, impuissants qui vont banaliser, minimiser la perte dans des tentatives maladroites de consolation "tu en auras d'autres", "c'est pas grave", "vous êtes jeunes", "c'est que ça marche", "vous en avez déjà un"...
Nous-mêmes, en nous empêchant de vivre des émotions trop fortes, en nous enfermant dans le déni, en culpabilisant, en ayant honte d’avoir mis fin à la grossesse, de ne pas avoir pu la mener à bien ou d'avoir conçu un bébé anormal, s'imputant ainsi une « faute imaginaire »... Autant de difficultés à nous sentir légitimes dans notre souffrance. Autant d'obstacles qui ensevelissent notre perte sous une chape de silence.

Tout cela a des CONSEQUENCES terribles, dramatiques même :

Des mères
peuvent rester enceintes (physiquement parlant),
Des parents peuvent compenser pour combler le vide (actes compulsifs, boulimie), somatiser et mettre en MAUX les MOTS non-dits (tomber malade à date anniversaire par exemple) déprimer, s'accrocher au passé, saboter le flux de leur vie.

Nous pouvons aussi projeter sur les grossesses suivantes des peurs, angoisses, devenir hyper-vigilants ou au contraire avoir mal à nous investir par peur de perdre à nouveau.


Parfois nous installons inconsciemment un programme de remplacement chez notre prochain enfant. Ce qui génère chez lui une difficulté à trouver sa place ou à se sentir à la hauteur de l'enfant perdu et idéalisé.



C'est pourquoi ...


Faire un chemin de deuil en conscience est nécessaire mais pas suffisant car pour l'intégrer pleinement il faut travailler la dimension inconsciente, symbolique ...

La particularité de ce deuil est qu'il n'y a pas ou quasiment pas de souvenirs auxquels s’accrocher, il faut donc FAIRE UNE PLACE à ce bébé. 

Dans l'accompagnement au deuil, il y a des moments clés. Visualiser, rencontrer votre enfant, le RECONNAITRE, le nommer, lui parler, le confier, faire un rituel d'adieu via un acte symbolique... 
Bien évidement c'est selon vos croyances mais le but ultime de ce chemin est de dire au revoir à votre enfant, de rester en amour avec lui tout en étant en paix avec vous-mêmes, de vous libérer du poids qui pèse sur votre coeur et d'intégrer pleinement son passage qui a éclairé votre vie d'une lumière différente.

La ruche Ô étoiles propose une reconnaissance, une visibilité aux yeux de tous, un lieu de mémoire, d'unité et de paix pour nos étoiles.

Parce qu'ils font partie de notre histoire, parce que l'amour qui nous lie est éternel et qu'il est merveilleux de pouvoir l'exprimer.